La sélection colombienne avant son match face au Mexique

Néstor Lorenzo a lancé sa nouvelle ère à la tête d’une sélection colombienne qui doit tourner la page James Rodríguez et Juan Fernando Quintero. L’occasion de voir de nouveaux visages et surtout tester plusieurs configurations sans 10.

Partira, partira pas ? Néstor Lorenzo et la fédération colombienne ont décidé de continuer leur histoire ensemble malgré l’élimination prématurée en huitièmes de finale de la Coupe du monde face à la Suisse. Une énième sortie après une séance de tirs au but. Le Mondial passé, James Rodríguez et Juan Fernando Quintero ont décidé de mettre un terme à leur carrière internationale. Deux joueurs majeurs, deux dépositaires du jeu, deux créateurs.

Nouveaux visages

Pour cette trêve internationale pas de Luis Díaz, accord entre le joueur et le sélectionneur après une saison très longue et très éprouvante pour l’ailier du Bayern. L’entraîneur argentin a donc décidé de faire une revue d’effectif avec beaucoup de « nouveaux visages » appelés en sélection, les guillemets parce que certains étaient dans le radar, voire dans la pré-liste du Mondial. On peut citer notamment : Aldair Quintana, le portier d’Independiente del Valle ; Édier Ocampo, qui devrait prendre la place de Santiago Arias au poste de latéral droit ; Camilo Durán qui était déjà suivi avec ses performances européennes aussi bien à Qarabağ qu’avec le Celtic, son nouveau club ; Óscar Perea, qui était un joueur majeur avec les U21 ; ou encore Kevin Viveros qui n’en finit plus de marquer au Brésil. Parmi les véritables surprises Lorenzo a notamment appelé deux défenseurs centraux : Royer Caicedo, arrivé au Cercle Brugge cet hiver et Kevin Andrade qui a connu sa première sélection à vingt-sept ans et qui évolue du côté du Zenit. Dans cette catégorie on peut ranger également Matías Orozco acheté par Brighton ses dix-huit bougies à peine soufflées, Daniel Arcila qui brille en 2026 avec León, Samuel Velásquez et bien entendu son coéquipier Juan Manuel Rengifo que l’Europe regarde déjà qui devrait partir au plus tard l’été prochain.

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Nouvelles formules

Au programme trois rencontres de préparation pour commencer le chemin vers la Copa América 2028 qui aurait dû avoir lieu en Équateur, mais qui devrait retourner aux États-Unis, face au Mexique, au Paraguay et au Pérou. Enseignement majeur, Néstor Lorenzo a surtout testé des schémas sans véritable numéro 10. Voir de nouvelles choses certainement mais aussi éviter de faire porter une inévitable comparaison ou un héritage fumeux. 4/3/3 pour affronter El Tri avec un milieu Puerta-Ríos-Castaño et un trio offensif Arias-Gómez-Suárez. Si Luis Suárez a rapidement ouvert le score, la Colombie a beaucoup souffert dans cette rencontre et a logiquement fini par céder. Gros enseignement sur le match face au Paraguay avec une défense à trois, un schéma loin d’être idiot vu le profil offensif des joueurs de couloir comme Daniel Muñoz, Édier Ocampos ou Álvaro Angulo. Les deux derniers cités étaient d’ailleurs titulaires. Si la Colombie a eu du mal à entrer dans la rencontre, elle a bien terminé la première période. Pas assez au goût du sélectionneur qui a décidé de revenir à une défense à quatre après la pause avec un Jhon Lucumí repositionné latéral gauche. Trop de changements certainement pour la Colombie qui a fini par s’incliner.

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Plutôt maussade cette série s’est mieux terminée face au Pérou, adversaire plus faible que les deux précédents rivaux. Pour le dernier match Lorenzo est revenu au cher 4/2/3/1 mais avec un milieu Puerta-Solis qui mérite d’être revu et surtout un trio offensif Asprilla-Arias-Gómez derrière Luis Suárez. Et si le sélectionneur a voulu éviter le syndrome du « nouveau… », c’est raté. Un peu trop timide, Yaser Asprilla a cédé sa place à Juan Manuel Rengifo. Le nouveau talent de l’Atlético Nacional a réussi son entrée, se montrant disponible et séduisant particulièrement tous les observateurs.

Quel bilan ?

En plus de Rengifo, d’autres joueurs ont marqué des points et devraient être à nouveau du voyage en novembre. En défense, Ocampo et Andrade ont montré qu’ils pouvaient parfaitement jouer les doublures de luxe pour Davinson et Muñoz. À gauche le duo Angulo et Velásquez a montré des garanties également et bien malin celui qui dira lequel des deux sera titulaire pour le début des éliminatoires l’année prochaine. >

Au milieu Matias Orozco et Jhon Solis ont aussi mérité leur sélection et pourraient venir concurrencer Richard Ríos ou Kevin Castaño au vu des difficultés des joueurs avec leur club respectif (Rios a été prêté en Saudi Pro League et Castaño a été prêté à l’Atletico Mineiro). Devant, Daniel Arcila devrait lutter avec Jaminton Campaz pour être derrière Luis Díaz. Kevin Viveros, même s’il n’a pas été brillant, sera l’avant-centre derrière l’intouchable Luis Suárez. Même constat pour Camilo Durán qui a joué une demi-heure face au Pérou, mais qui offre une polyvalence qui pourrait faire pencher la balance en sa faveur pour les prochaines échéances. Et les prochaines échéances seront en novembre avec deux matchs face au Chili, à Cali et à Santiago.>

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Photo :  Jamie Sabau/Getty Images

Pierre Gerbeaud
Rédacteur Colombie pour Lucarne Opposée