Le championnat brésilien a démarré dès le mois de janvier, deux petits mois après la fin du championnat précédent. Et si tout le monde n'est pas encore prêt, l'heure est venue de présenter la saison.

Le calendrier brésilien a été reformulé avec une réduction des matchs de championnats d’État et un début précoce du Brasileirão. De nombreux clubs ne sont pas encore totalement prêts, ce qui n’empêche pas de dessiner favoris et outsiders.

Objectif titre

Vainqueur du dernier Brasileirão, Flamengo fait office de favori à sa propre succession. Le club rubro-negro a non seulement gardé ses joueurs cadres de la saison dernière, mais a en plus investi lors du mercato avec les arrivées du défenseur central Vitão, du gardien remplaçant Andrew et surtout de Lucas Paquetá. Formé au club où il a évolué en professionnel entre 2016 et 2018, Lucas Paquetá fait son retour à Rio pour quarante-deux millions d’euros, plus gros transfert de l’histoire du football brésilien. Flamengo a également prolongé son entraîneur Filipe Luís, déjà courtisé par l’Europe en raison de ses résultats impressionnants. Si Flamengo a commencé doucement la saison et se retrouve en difficulté dans le championnat carioca, le club rubro-negro devrait sans surprise jouer le titre dans le championnat national.

Avant l’arrivée de Lucas Paquetá à Flamengo, le plus gros transfert du football brésilien datait de quelques semaines et venait de Cruzeiro. La Raposa a en effet rapatrié Gerson, perdu en Russie, pour trente millions d’euros et a recruté le Colombien Néiser Villareal, meilleur buteur de la dernière Coupe du Monde U20. Le club cruzeirense est également parvenu à conserver le meilleur buteur du dernier Brasileirão, Kaio Jorge, courtisé par Flamengo, et a prolongé Matheus Pereira, maître à jouer de la Raposa. Auteur d’une très belle saison l’an dernier mais ponctuée sans titre, Cruzeiro a vu le départ de son entraîneur portugais Leonardo Jardim. Pour le remplacer, la direction a fait appel à Tite, qui n’avait plus entraîné depuis son passage mitigé à Flamengo. L’effectif est donc séduisant et est capable d’aller chercher un titre prestigieux.

De son côté, Palmeiras a été plus discret sur le marché des transferts avec comme principal recrue l’ancien milieu botafoguense Marlon Freitas, même si le Verdão pourrait finaliser les arrivées de Jhon Arias et Nino. Palmeiras a de plus perdu des joueurs importants comme Aníbal Moreno, Facundo Torres et surtout les emblématiques Weverton et Raphael Veiga. L’effectif reste de qualité et l’attaque s’appuiera une nouvelle fois sur Vítor Roque et Flaco López. Toujours dirigé par le Portugais Abel Ferreira, en poste depuis 2020, Palmeiras devrait également retrouver l’attaquant Paulinho, opéré à deux reprises en 2025. S’il retrouve son niveau de l’Atlético Mineiro, Palmeiras a les moyens de retrouver un titre qu’il n’a plus remporté depuis 2023.

Objectif Copa Libertadores

Cinquième du Brasileirão l’an dernier, Fluminense peut faire encore mieux cette saison. Le recrutement a été intéressant avec notamment Guilherme Arana et Savarino, valeurs sûres du championnat. Le départ de Thiago Silva est préjudiciable, mais la direction l’a remplacé par Jemmes et cherche désormais à recruter un avant-centre à la demande de l’entraîneur argentin Luis Zubeldía. Avec un gros nom à la pointe de l’attaque, qui pourrait être Denis Bouanga, Fluminense pourrait bien réaliser une nouvelle saison convaincante.

Côté Atlético Mineiro, Guilherme Arana a été remplacé par Renan Lodi sur le côté gauche. Le reste du recrutement a une touche étrangère avec les Équatoriens Angelo Preciado et Alan Minda ainsi que Colombien Mateo Cassierra. L’idole Hulk, dont les rapports sont tendus avec la direction, était proche de rejoindre Fluminense avant de finalement s’offrir une dernière danse sous le maillot du Galo. Difficile encore de se faire un avis sur cet Atlético Mineiro version 2026, mais les hommes de Jorge Sampaoli ont les moyens de se mêler à la lutte pour la Copa Libertadores.

Le Corinthians va mieux après avoir été interdit de transferts par la FIFA en raison de dettes importantes. Le club pauliste a depuis remporté la Coupe du Brésil et récemment la Supercoupe du Brésil, de quoi permettre de respirer un peu financièrement. Le Timão a ainsi pu s’offrir Gabriel Paulista pour stabiliser la défense et le jeune Kaio César en attaque. L’inconnu reste Memphis Depay, en fin de contrat en juillet et qui a demandé des renforts à sa direction. S’il obtient gain de cause et avec un peu plus de régularité des autres cadres comme Breno Bidon ou Yuri Alberto, le Corinthians peut viser haut cette saison.

Seule satisfaction parmi les clubs du Nordeste l’an dernier, Bahia mise sur la continuité cette saison. L’entraîneur Rogério Ceni rempile ainsi pour une quatrième saison et les cadres sont toujours là : le vétéran Everton Ribeiro, mais aussi les néo-internationaux Luciano Juba et Jean Lucas. Côté transferts, le Tricolor de Aço a fait appel à la jeunesse venue de l’étranger avec les arrivées du défenseur argentin Román Gómez et de l’attaquant uruguayen Cristian Oliveira.

Depuis sa formidable saison en 2023 avec un Luis Suárez exceptionnel, Grêmio est sérieusement rentré dans le rang, terminant quatorzième en 2024 puis neuvième l’an dernier. Le Tricolor, qui n’a plus gagné le Brasileirão depuis 1996, a réalisé un joli coup sur le marché des transferts avec le recrutement de Tetê alors que dans les buts Wewerton vient renforcer une défense déjà très expérimentée. En attaque, Carlos Vinícius semble poursuivre sa lancée de 2025 où il avait inscrit douze buts en quatorze matchs du Brasileirão. Si l’ensemble est trop juste pour viser le titre, les hommes de Luís Castro peuvent tout de même rêver d’une qualification en Copa Libertadores.

Difficile de se positionner cette saison sur Botafogo, notamment en raison de l’interdiction de transferts, tout juste levée, et de la gestion financière plus que suspecte de John Textor. L’effectif est de qualité, mais restreint et les départs de Marlon Freitas et Jefferson Savarino, deux cadres du formidable doublé Brasileirão – Copa Libertadores en 2024, pourraient faire mal. En l’absence d’une levée de l’interdiction de transferts, l’entraîneur argentin Martín Anselmi, qui a remplacé Davide Ancelotti, devra faire avec peu de joueurs au sein d’une équipe qui doit encore jouer les barrages de la Copa Libertadores.

Objectif Copa Sudamericana

Autre inconnu du Brasileirão, le Santos de Neymar, justement en raison des interrogations entourant le numéro 10 du Peixe. À trente-quatre ans, Neymar a débuté une nouvelle saison depuis l’infirmerie. Opéré au genou gauche, il s’approche d’un retour et ne manquera pas de motivation avec comme objectif la Coupe du Monde cet été. Santos a également signé le retour d’un autre crack formé au club, Gabigol, qui a effectué un passage très moyen sous le maillot de Cruzeiro. Le duo de l’Atlético Mineiro, Gabriel Menino – Rony, rejoint également le Peixe, qui a belle allure sur le papier. À voir ce que cela donnera sur le terrain, Santos luttant actuellement pour son maintien en première division du championnat paulista…

Avec un calendrier bouleversé, il est difficile de se positionner sur de nombreux clubs dans un pays où l’instabilité est chronique. São Paulo a également vécu une intersaison mouvementée. Accusé de détournement de fonds du club, le président Julio Casares a été contraint de démissionner. Côté terrain, l’entraîneur argentin Hernán Crespo est toujours en poste et le Tricolor a recruté deux cadres de la surprise de l’an dernier, Mirassol, avec Danielzinho et Lucas Ramon. Le trio offensif Lucas Moura – Jonathan Calleri – Luciano est séduisant, mais devra échapper aux blessures pour porter São Paulo vers le haut du championnat.

Sauvé presque miraculeusement de la relégation lors du dernier Brasileirão, l’Internacional arrive cette saison avec des nouveautés à tous les étages. Idole du club et revenu sur le banc pour les deux derniers matchs la saison dernière, Abel Braga revient cette fois en tant que directeur technique. Passé par Cruzeiro entre 2022 et 2023, l’Uruguayen Paulo Pezzolano est quant à lui le nouvel entraîneur du club. Le club colorado a également recruté le défenseur central Félix Torres pour pallier le départ de Vitão et a obtenu le prêt d’un duo en provenance du CSKA Moscou, Rodrigo Villagra – Alerrando. Rare satisfaction l’an dernier, Alan Patrick est toujours au club et peut éviter aux siens de revivre une nouvelle saison galère.

L’an dernier nous placions Mirassol à la dernière place de nos prévisions. Pour sa première saison parmi l’élite – et l’année de son centenaire, Mirassol a vécu une saison hors du commun, terminée à la quatrième place, synonyme de qualification directe en Copa Libertadores. Le club a perdu de nombreux joueurs, dont certains titulaires, et le calendrier sera chargé. Néanmoins, le club de l’intérieur de São Paulo a conservé son entraîneur Rafael Guanaes et deux cadres de l’an dernier, Walter et Reinaldo. Mirassol n’a pas non plus recruté des noms ronflants, mais des joueurs qui peuvent s’adapter rapidement et se fondre dans le collectif. De quoi créer à nouveau la surprise ?

Vasco a perdu deux joueurs majeurs de son attaque à l’intersaison avec les départs du vétéran Pabo Vegetti et de la pépite Rayan. Le club cruzmaltino a été agressif sur le marché des transferts, notamment à l’étranger, avec les arrivées d’Alan Saldivia, Johan Rojas et Marino Hinestroza alors que Claudio Spinelli devrait venir grossir les rangs du secteur offensif. Le club carioca s’est également offert l’ancien espoir Brenner, mais il semble difficile de se faire un avis sur ce Vasco, surtout avec à la tête Fernando Diniz, habitué à alterner le très bon et le nettement moins bon.

Depuis son retour parmi l’élite en 2020, le Red Bull Bragantino a toujours su se maintenir, parfois facilement, parfois de justesse. Le Massa Bruta mise cette saison sur la stabilité en conservant l’entraîneur Vágner Mancini et la plupart des joueurs. Le départ de Jhon Jhon, principal atout offensif l’an dernier, est un coup dur alors que le club de Bragança, fidèle à sa stratégie, a recruté de nombreux jeunes joueurs à potentiel : Ignacio Sosa, Yuri, Rodriguinho ou dernièrement José Herrera. L’ensemble paraît tout même un peu juste pour viser plus qu’une qualification en Copa Sudamericana.

Vainqueur de la Série B l’an dernier, Coritiba remonte cette année en première division. Le Coxa-Branca a conservé des cadres de la saison passée et s’est en plus renforcé sur le marché des transferts avec notamment les arrivées de Thiago Santos, Tinga, Breno Lopes ou encore Pedro Rocha, très convaincant l’an dernier sous le maillot de Remo. Le premier objectif devrait être le maintien, mais le vainqueur du Brasileirão 1985 pourrait surprendre cette saison. Au point d’envisager une qualification en Copa Sudamericana ?

Objectif maintien

À l’image du voisin et rival Coritiba, l’Athletico Paranaense est de retour en Série A, après un an au purgatoire. Toujours dirigé par Odair Hellmann qui a mené à bien la mission remontée, l’Athletico Paranaense dispose d’un trio offensif intéressant avec Bruno Zapelli, Kevin Viveros et Steven Mendonza, alors que dans les buts Santos apporte son expérience. Le Furacão a également signé l’expérimenté Luiz Gustavo et les Colombiens Daniel Aguilar et Alejandro García, mais le premier objectif du club devrait être le maintien avant d’envisager une qualification en Copa Sudamericana.

Remo n’avait plus joué en première division du championnat brésilien depuis trente-deux ans ! Pour son retour, Remo a vu les choses en grand et a recruté des noms bien connus de l’élite du football brésilien : Marllon, Patrick de Paula, l’ancien colorado Patrick, Alef Manga ou encore Yago Pikachu. Avec le soutien des supporters au Mangueirão, le club de Belém a les moyens d’accrocher le maintien, même si la mission s’annonce difficile.

Maintenu lors de la dernière journée la saison dernière après avoir passé une grande partie du championnat au sein du Z-4, Vitória jouera vraisemblablement à nouveau le maintien cette année. Jair Ventura reste l’entraîneur d’un club qui a beaucoup recruté à l’intersaison, notamment via des prêts. Luan Cândido ou le duo Emanuel Martínez – Marinho (pour un retour dans un club où il avait brillé en 2016) en provenance de Fortaleza sont des coups qui peuvent se révéler intéressants, mais l’ensemble est trop juste pour espérer mieux que le maintien.

Relégué en 2021, Chapecoense était depuis resté en deuxième division avant de finalement remonter à l’issue de la saison 2025. Comme d’autres promus, la Chape a conservé son entraîneur, l’histoire Gilmar Dal Pozzo, et certains cadres comme Walter Clar, Rafael Carvalheira ou encore Marcinho. La principale recrue est le Congolais Yannick Bolosie, qui n’a pas vraiment brillé lors de son passage à Cruzeiro. Il faudrait un petit miracle pour voir le club catarinense se maintenir, mais la Chape y est habituée…

Photo une : Wagner Meier/Getty Images

Marcelin Chamoin
Marcelin Chamoin
Passionné par le foot brésilien depuis mes six ans. Mon cœur est rouge et noir, ma raison est jaune et verte.