
Pour la 11e journée de Premier League, Lucarne Opposée accueille Jeremy qui a suivi et vous raconte le choc Metalist – Shakhtar.
Ce Dimanche 7 octobre 2012 n’était pas qu’un jour de clásicos et autres derbys en Europe centrale, il est aussi un jour de grosse affiche en Ukraine. C’est dans un contexte idyllique que le Shakhtar se déplaçait à l’Oblasny SportKomplex du Metalist Kharkiv. En effet, les joueurs de Lucescu restaient sur un bilan de 100% de réussite, 10 matchs, 10 victoires, 34 buts marqués pour 5 encaissés.
Pas moins de 12 points séparaient les deux équipes avant le match. Le Shakhtar leader incontesté et le Metalist en position de 4e, au pied du podium, qui affiche des performances plutôt en dents de scie depuis le début de saison avec un bilan plus que moyen pour une équipe visant la qualification à la Ligue des Champions : 5 victoires, 3 nuls et 2 défaites.
Pour autant les joueurs du Shakhtar n’ont absolument pas voulu mettre la charrue avant les bœufs et se méfiaient toujours autant d’un de leur rival le plus coriace. Eduardo déclarait « Le Metalist est une équipe qui essaye de jouer comme nous ou comme Arsenal. C’est une équipe très difficile à jouer ».
Un point commun de ces deux équipes : le côté « croqueur » devant, le problème dans la finition. Emmené par le meilleur buteur du championnat, Henrik Mkhitaryan auteur de 13 buts et du meilleur passeur Dario Srna avec 6 assists le Shakthar dispose d’une puissance offensive de feu. C’est la meilleure attaque du championnat. Pourtant, contre la Juventus cette semaine mais aussi contre Dnipro le weekend dernier, l’efficacité fait souvent défaut : Lucescu a d’ailleurs déclaré que son équipe aurait pu « l’emporter 8 à 3 ». Pour Kharkiv c’est un problème récurrent ces dernières années. Beaucoup d’occasions, beaucoup de tentatives de frappes mais un ratio de buts faible sur ce point en championnat. En Europa League c’est encore une équipe différente. Il y a une sorte de transformation. Parfois le contraste est frappant entre les performances européens et celles en championnat pour les Zhovto-Syni. Cette semaine, Kharkiv recevait les Autrichiens du Rapid Vienne, pour une victoire 2-0 sans trop forcer leur talent.
Au niveau des statistiques « inutiles » le match ne s’annonçait pas spécialement bien pour le Metalist. Ils n’ont jamais battu le Shakthar à domicile depuis la création du championnat en 1991. Au total, il n’y a que 3 victoires de Kharkiv pour 21 du Shakhtar et 8 nuls. Pour finir dans la petite présentation, figurez-vous que la dernière défaite du Shakhtar en championnat c’était à domicile et c’était contre le … Metalist Kharkiv, le 23 Octobre 2011.
Passons au match maintenant.
Dès le début de la rencontre le Shakhtar met le pied sur le ballon. Le Metalist quant à lui tente de mettre en œuvre un pressing efficace. Les joueurs l’accentuent au milieu de terrain particulièrement, d’où les attaques de Donetsk partent. Mais ce pressing ne tient pas longtemps : 10, 15 minutes tout au plus. Dès lors, le premier rideau du Metalist est d’une facilité incroyable à franchir. Pendant ce temps le Shakhtar monopolise le ballon sans particulièrement être très dangereux. Ilsinho et surtout Willian sont très actifs sur les côtés.
Ce n’est seulement qu’à la 10e minute que le Metalist arrive à montrer un semblant d’inquiétude pour le Shakhtar derrière. Une combinaison rapide entre l’ailier [Sosa, ici] et le meneur de jeu Xavier, dans l’axe servant de point d’appui. Une-deux et Kucher tacle dans les pieds de Sosa in-extremis. La solution doit venir de là, un jeu rapide. Se servir des ailiers pour créer du mouvement, les latéraux jouant le coup avec un lien rapide entre la contre attaque, le soutien et le repli défensif, obligeant le Shakhtar à écarter le jeu et à se découvrir. On voit l’entraineur demander de jouer dans les couloirs. Malheureusement tout ne va pas se passer comme souhaité. Mkhitaryan trouve pour point d’appui Hubschman en position d’attaquant dans la surface, Papa Gueye intervient de manière trop « costaud » pour l’arbitre. Pénalty pour le Shakhtar, le camp entier de Kharkiv se soulève et accoure vers l’arbitre. Quelques instants plus tard Willian s’élance et bute sur Horyainov. Puis, toujours assez contrarié par la décision de l’arbitre Blanco, sur le banc, prend un carton jaune. C’est ensuite Markevych, l’entraineur du Metalist qui est renvoyé aux vestiaires.
Derrière une puis deux grosses occasions pour Willian. Le portier du Metalist sort une belle parade puis Fernandino voit sa tête raser le poteau. L’ouverture arrivera à la 25e minute. Torres rate sa passe au milieu de terrain, dans le rond central, Fernandinho hérite du cuir et lance « Heno » parti bien plus rapidement que la défense Zhovto-Syni trop statique. Il a dix mètres d’avance sur Torres qui revient à grandes enjambées. Petit piqué de l’extérieur du droit, c’est au fond. Geste de classe, d’une certaine lucidité. 14e but pour lui.
De suite après le but, comme un détonateur, les joueurs du Metalist vont se remobiliser. Villagra centre admirablement dans l’axe pour Sosa qui reprend instantanément. Sa tentative passe au dessus mais les intentions semblent meilleures. Le Metalist prend pour la première fois de la rencontre le contrôle du ballon. Le Shakhtar lui joue avec suffisance. Devant aucun pressing ils ont tout le luxe de la « jouer facile ». A deux ou trois reprises il y a eu 20 à 30 secondes d’écoulées pour seulement trois passes entre le gardien et sa charnière lors des possessions de balles très reculées.
Et la faille va venir de là pour la 2nd fois. Juste avant la mi-temps, quand on pensait le Metalist en meilleur forme, les Hirnyky vont enfoncer le clou. A 20 mètres, excentré côté droit, Ilsinho arme une frappe puissante. Horyianov se troue un peu et c’est au fond. Si l’on s’attarde un petit chouya plus sur le but, on constate le « travail » très efficace de Luiz Adriano qui fait écran sur Pepe Gueye. De ce fait, le futur buteur n’a personne dans son champ de vision, il peut même faire le choix de plus avancer, mais choisi la frappe. Désespérément les défenseurs du Metalist tentent de se jeter. Trop tard. Le Shakhtar fait le break juste avant la pause. Coup dur pour un Metalist bien trop attentiste. La volonté est présente mais c’est bien trop « faiblard » pour inquiéter l’adversaire. A la mi-temps les défenses semblent bien en place. Papa Gueye particulièrement, remportant la quasi-totalité de ses duels aériens. Après 15/20 minutes de rodage la charnière du Metalist semble [enfin] opérationnelle. Trop tard ? A la mi-temps on se dit que sans être forcément très supérieur au Metalist, le Shakhtar est beaucoup plus efficace.
Au retour des vestiaires, les joueurs de Kharkiv reviennent avec de meilleures intentions. On reprend le pressing des 15 premières minutes qui est même plus haut qu’avant. Le Shakhtar est régulièrement mis en danger, acculé derrière. Sosa, Xavier, Taison puis Cristaldo et Willian une fois rentrés tentent de redynamiser le jeu. Le Shakhtar est bien en place, il faut trouver des espaces, déstabiliser le bloc [qui a tendance à reculer, mais ne rompt pas]. Les attaquants s’essayent aux attaques placées, rapides et efficaces qui ont fait la force du Metalist ces dernières années ; elles avaient été très rares en première mi-temps. Les Zhovto-Syni donneront tout sur cette 2nde période. Beaucoup d’occasions, de situations intéressantes qui auraient certainement dues être mieux exploitées. Manque de réalisme criant. Ajoutée à cela la défense du Shakhtar qui reste solide. La charnière s’illustre à plusieurs reprises. Les attaques du Metalist semblent trop « téléphonées » par moment, permettant à la défense centrale de prendre le pas dessus. Il faut noter le travail important des ailiers venant compenser les montées ou aider défensivement les latéraux constamment mis sous pression. Les Hirnyky se permettent quelques situations dangereuses offensivement. Les différentes connections incluant Mkhitaryan avec Willian ou encore Luiz Adriano puis Eduardo semblent très fluides. Un Willian très intelligent dans le jeu, bougeant énormément en proposant des solutions au porteur de balle. Mais le Metalist arrive à ne pas se découvrir et maintient son engagement.
Finalement le Metalist ne parviendra pas à marquer ; ils peuvent avoir quelques regrets. L’efficacité devant leur aura encore fait défaut. Quant au Shakhtar il prouve que même dans un match où il n’aura pas été transcendant il peut s’en remettre à son réalisme, à l’inverse de son adversaire du jour. Défensivement il a été très rassurant même si inquiété quelques fois. Une solidité défensive et une meilleure efficacité. Voilà ce qui aura fait la différence entre les deux équipes. Le Metalist n’aura pas fait un mauvais match, en ayant bien corrigé les erreurs de la première mi-temps. Honorable opposition ; mais insuffisante.
Le Shakhtar de Lucescu continue ainsi sa route et impose un rythme incroyable pour ses poursuivants : 11 matchs et 11 victoires, meilleure attaque et meilleure défense. Rien que ça. Sur le point comptable : 9 points d’avance sur le 2nd (et le 3e, à égalité de points) et 15 sur le Metalist toujours 4e et même relégué à 6 points du podium. Qui pour arrêter le Shakhtar ? En Ukraine personne ne rivalise. Le Dynamo Kiev bien inquiétant contre Dnipro (défaite 2-1) hier s’est déjà cassé les doigts dessus était le plus grand rival. En Europe peuvent-ils espérer quelque chose dans un groupe très relevé ? On leur souhaite. Mais attention à ne pas connaitre le « syndrome Metalist Kharkiv » en Ligue des Champions, cela pourrait être fatal…
Résumé vidéo :
Les autres résultats :
Metalurg Donetsk 6 – 2 Kryvbass Krivoï-Rog
Zorya Louhansk 2 – 1 Karpaty Lviv
Illychivets 2 – 1 Tchernomorets
Arsenal Kiev 2 – 0 Zakarpattya
Metalurg Zaporizhya 0 – 3 Volyn Lutsk
Tavria Simferopol 0 – 0 Vorskla Poltava
Dnipro 2 – 1 Dynamo Kiev
Metalist 0 – 2 Shakhtar
Le classement :

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L'auteur : Administrateur de My Premier League, à la base supporter d'Arsenal et grand admirateur de la Premier League anglaise, Jeremy suit également la Nouvelle MLS aka la A-League, le championnat Ukrainien et tout ce qui se passe en Europe. |

