Istanbul accueille ce soir la finale de la 38e édition de la Coupe de l’UEFA. Avant la mort définitive de cette compétition, remplacée l’an prochain par une formule type Ligue des Champions et dotée d’un nouveau nom (Europa League), le Shakhtar et le Werder Brême s’offrent une dernière chance de rentrer dans l’histoire.

17 contre 23. Cela fait 17 ans que le Werder n’a plus remporté la moindre compétition européenne alors que pour le Shakhtar, il faudra combler une absence de 23 ans sans victoires européenne pour un club ukrainien. Comme un symbole, ces anniversaires correspondent à des finales de Coupe d’Europe des Vainqueurs de Coupe, aujourd’hui disparu. Comme un symbole, ces deux équipes s’affrontent ce soir pour ce qui sera la dernière finale de l’histoire de la Coupe de l’UEFA.

Les enjeux sont énormes bien évidemment. Pour le Shakhtar, il s’agit de devenir le premier club ukrainien à remporter cette compétition, rejoignant ainsi le rival de Kiev, éliminé en demi-finale, au panthéon européen des clubs ukrainiens. Pour le Werder, l’objectif est de sauver une saison bien terne sur le plan national (bien qu’offrant un possible doublé avec la finale de la Coupe d’Allemagne), de renouer avec son glorieux passé et aussi d’offrir un titre à son génial meneur de jeu brésilien Diego, en partance pour l’Italie.

Sur le terrain, nous devrions avoir droit à une belle opposition de style. Comme l’évoque Mircea Lucescu, de retour en Turquie après ses succès à la tête de Galatasaray et du Beşiktaş : « Le Werder est une équipe offensive et très physique. Notre style repose sur la technique pour contrôler le match ». Si le Shakhtar ne regrettera que l’absence de Tomáš Hübschman, les allemands déploreront les suspensions de leur génial Diego et de l’homme en forme du moment, le portugais Hugo Almeida auxquelles est venue s’ajouter la blessure de Per Mertesacker. Pour Thomas Schaaf, présent dans l’équipe victorieuse de 1992, il s’agira de relever le « défi » ukrainien tout en sachant qu’il faudra avant tout rester « solide » face à l’attaque carioca du Shakhtar.

Difficile de faire un pronostic, encore plus lorsque tout se joue sur un match. Si on se penche sur les statistiques, le Shakhtar, avec 4 victoires, 2 nuls et 3 défaite possède un bilan positif face aux clubs allemands, tout comme le Werder (2 victoires, 1 nul et 1 défaite). L’expérience de ce genre de match devrait pencher en faveur des allemands. Tous deux reversé de la Ligue des Champions, les deux équipes n’auront perdu qu’un seul match depuis les 16e de finale, le Werder éliminant successivement le Milan AC, l’AS St Etienne, Udine puis Hambourg alors que le Shakhtar s’offrait Tottenham, le CSKA Moscou, Marseille et le Dynamo Kiev.

Il sera donc question d’entrer dans l’histoire ce soir à Istanbul : quel que soit le vainqueur, il restera le dernier d’une compétition dont l’ancienne formule fit rêver grand nombre de supporters avant que les changement de formule ont fait tomber dans l’oubli.

Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.