
Après l’échec de la WUSA, après celui de la WPS, le football féminin américain tente une nouvelle fois de percer dans le monde professionnel et lance sa nouvelle ligue : la National Women ‘s Soccer League.
Les clichés ont la vie dure. Particulièrement en matière de football féminin. Alors qu’à chaque compétition majeure les différents médias vante la richesse du football féminin américain, modèle à suivre pour notre football national, la réalité des choses reste bien différente.
Avril 2009. Après six années sans football pro, les américains retrouvaient une compétition majeure féminine. Trois ans plus tard, malgré un réel engouement créé par le parcours de la sélection nationale à la Coupe du Monde, la WPS s’effondre sur elle-même, minée par les conflits dirigeants/joueuses, les affaires en coulisse (celle du magicJack reste dans toutes les mémoires) et surtout, le désintérêt médiatique. S’en suit une année de réflexion, une année ou certaines équipes de la défunte WPS disputent une ligue éphémère nommée Women's Premier Soccer League Elite (remportée par le dernier champion WPS, Western New York Flash).
Nouvel et dernier essai ?
L’heure est donc venu de célébrer la National Women’s Soccer League, troisième essai d’introduire et de faire perdurer une ligue professionnelle au pays où ce sport est censé être roi chez les filles. Si elles étaient sept en 2009 au coup d’envoi de la WPS, elles sont désormais huit en 2013, cinq ayant connu la WPS. La grande question reste de savoir ce qui peut donc bien avoir changé pour espérer pouvoir faire perdurer le foot pro féminin aux Etats-Unis.
Ambitions plus modestes, salaires réduits, support financier des fédérations nord-américaines la National Women’s Soccer League ne réitère pas les erreurs du passé. Dans les discours pas grand-chose en apparence mais là où la WPS annonçait vouloir prendre son temps et ne pas commettre les mêmes erreurs que la dépensière WUSA, la NWSL s’annonce plus humble, prête à vraiment prendre son temps. D’une part, elle s’assure le support financier des fédérations américaines, canadienne et mexicaines pour venir garnir les différentes équipes des meilleures joueuses de la sélection (les salaires de ces joueuses seront assurés par les fédérations). D’autre part, elle impose un salary cap plus faible de 6 000 à 30 000$ (le salaire moyen de 40 000$ à l’époque de la WUSA, de 32 000$ à l’époque de la WPS devrait ainsi fortement diminuer pour assurer le modèle économique), se prive de stars surpayées (l’exemple Marta et ses 500 000$ restera dans les mémoires) et surtout fera jouer ses équipes dans des stades à son échelle. Car, histoire de bien rappeler la réalité du football féminin professionnel américain, les affluences moyennes de la WPS tournaient autour des 3 500 spectateurs pendant la phase régulière de l’ultime saison. Ainsi, les Boston Breakers par exemple vont passer sur Harvard Stadium et sa capacité de 30 000 places au Dilboy Stadium de 2 500 places, les Chicago Red Stars passent du Toyota Park (20 000 places) au Complexe Sportif de l’Université Benedictine (3000 places). L’autre changement réside aussi dans le choix des franchises participant : en plus de s’appuyer sur les expérimentées franchises issues de la WPS, place désormais aux véritables places de foot. Meilleur exemple, l’introduction d’une équipe à Seattle et à Portland. Deux villes parmi les meilleures affluences en MLS (Seattle reste le recordman avec une moyenne de plus de 43 000 spectateurs en 2012, 20 000 de plus que le double champion Los Angeles son dauphin au palmarès, Portland ayant un taux de remplissage maximal), deux villes à la forte tradition footballistique, deux villes rivales qui devraient animer la saison.
Reste donc la grande question : la National Women’s Soccer League passera-t-elle le cap des 3 ans ? Tout l’enjeu est là. Avec une couverture médiatique réduite à la portion congrue (fini le partenariat avec Fox Sport, place à un relatif anonymat), s’installer dans le paysage sportif national s’annonce compliqué. En attendant, cette nouvelle ligue est l’occasion de suivre les meilleures joueuses du continent nord-américain comme les médiatiques Hope Solo, Megan Rapinoe (qui rentrera à Seattle à la fin de son périple lyonnais) qui porteront les Seattle Reign, le superbe duo Alex Morgan – Christine Sinclair à Portland, les Western New York Flash d’Abby Wambach ou encore les Boston Breakers de Sydney Leroux.
Résultats première journée :
Kansas City 1 – 1 Portland Thorns
Chicago Red Stars 1 – 1 Seattle Reign
Sky Blue 1 – 0 Western New York Flash
Boston Breakers 1 – 1 Washington Spirit
Le match d'ouverture en intégralité :


