Euro 2013

Longtemps anonymes, souvent cantonnées aux seconds rôles, les filles de Bruno Bini abordent l’Euro 2013 avec un statut de favorites. Mais la concurrence s’annonce relevée.

Parler football féminin en 2013 n’est désormais plus synonyme d’anonymat. Après des campagnes plus que convaincantes chez les jeunes (quatrième place chez les U20 en 2008, victoire chez les u17 en 2012) et une progression linéaire chez les séniors (quatrième de la dernière Coupe du Monde 2011, au pied du podium olympique en 2012), les filles semblent enfin avoir acquis un véritable statut en France (en témoigne leur couverture médiatique). Si bien qu’à l’heure de débuter ce 11e Euro féminin, voilà les françaises placées au rang de favorites.

Groupe par groupe

Sur la ligne de départ de cet Euro, 12 équipes, réparties en trois groupes d’où sortiront les deux premiers ainsi que les deux meilleurs troisièmes.

Pia Sundhage compte mener la Suède vers le titre

Dans le groupe A, le pays hôte, la Suède, fera naturellement office de favori. Emmenées par Lotta Schelin, les filles de Pia Sundhage, vice-championne du monde 2011, double championne olympique à la tête des USA et élue meilleure coach de l’année 2012, ont tout de l’épouvantail. Car outre Schelin, la Suède dispose d’un potentiel offensif assez impressionnant avec notamment des Kosovare Asllani et autres Sofia Jakobsson. Inquiétée par la blessure à l’entraînement de Caroline Seger, chahutée en coulisses avec le départ soudain de de Birger Jacobsson, assistant coach, à quelques jours du coup d’envoi, la sélection suédoise devra aussi faire avec la pression pesant habituellement sur le pays hôte. Et l’Italie de l’icône Patrizia Panico, 38 ans, compte bien profiter de l’occasion pour venir jouer les trouble-fêtes. Après une campagne de qualification dominée de la tête et des épaules sans avoir encaissé le moindre but, la Nazionale féminine, quart de finaliste du dernier euro, éliminée de la course mondiale par les Bleues puis les USA, se présente comme le principal outsider du groupe. Car derrière, le Danemark, qui ne passe plus le premier tour depuis la demi-finale de 2001, ou la jeune Finlande, touchée par les blessures lors de la phase de préparation (notamment de sa capitaine Maija Saari), risquent de se retrouver reléguées aux seconds rôles.

L'Allemagne, favori numéro 1

Le groupe B est celui de l’ogre allemand. Aussi faciles que les italiennes pendant la campagne de qualification (64 buts inscrits en 10 matchs !), double championnes du monde et éliminées de la campagne olympique par le Japon lors de la dernière Coupe du Monde, Die Nationalelf incorpore quelques membres de sa génération des U20 championne d’Europe 2011 et vice-championne du monde 2012 et s’appuie sur les filles de Wolfsburg, victorieuses de l’OL en finale de Ligue des Champions. Quintuple tenante du titre (ayant remporté six des sept dernières éditions), l’Allemagne de l’incroyable machine à scorer Célia Okoyino da Mbabi (17 buts en 532 minutes lors des qualifications) reste le favori logique de l’épreuve. Reste à savoir qui pourra accompagner les allemandes. Derrière, l’Islande disputera son deuxième Euro après un passage par les barrages tout comme les Pays-Bas, meilleur second de la campagne de qualification. Le principal outsider devrait être la Norvège. Avec le retour d’Even Pellerud qui conduisit la sélection vers le titre européen en 1993 puis mondial en 1995, les Gresshoppene pourront s’appuyer sur un savant mélange de jeunesse et d’expérience et pourraient être l’une des belles surprises de l’édition 2013.

{xtypo_quote_left}« Je veux gagner et au moins m’assurer qu’on sera encore en finale. Nous sommes de sérieuses prétendantes, nous sommes 7e mondiale. » Alex Scott. {/xtypo_quote_left}Enfin, le groupe C sera celui de la France et s’annonce plus délicat que jamais. Délicat car comme souvent, les Bleues se frotteront à des anglaises ambitieuses après les avoir éliminées en quart de finale de la dernière Coupe du Monde. Vice-championne d’Europe, la sélection d’Hope Powell emmenée par Alex Scott et Kelly Smith, se voit comme principales prétendantes au titre. Attention donc à leur soif de revanche. Attention également à la redoutable machine à contrer russe. Protégée par un excellent Elvira Todua, qui avait donné des cauchemars aux jeunes bleues en 2005, la formation de Sergey Lavrentyev peut compter sur des joueuses confirmées comme Valentina Savchenkova ou la buteuse Natalya Shlyapina pour déjouer les pronostics. Reste enfin l’Espagne, qui découvrira une phase finale chez les séniors, s’appuiera notamment sur sa jeune génération dorée (double championne d’Europe 2010 et 2011 chez les u 17, vice-championne d’Europe chez les u19) et notamment le trio Amanda Sampedro, Virginia Torrecilla et Alexia Putellas. Attention pour les Bleues : une deuxième place serait quasiment synonyme de devoir affronter l’Allemagne en quarts.

Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.